En accédant à notre site Internet, vous reconnaissez accepter les cookies. Ne plus afficher ce message

Édition 2020

 

Comité de sélection

 

Le Comité de sélection du 21ème Grand Prix Lycéen des Compositeurs s’est réuni le jeudi 12 septembre 2019 dans les locaux de Musique Nouvelle en Liberté


Il était composé de :

  • Jacques Bonnaure, journaliste à Classica et à Opéra Magazine
  • Dominique Boutel,  journaliste et modératrice du débat de la Journée Nationale et de la Journée Régionale
  • Xavier Delette, chef d'orchestre, directeur du CRR de Paris
  • Benoît Duteurtre, écrivain, directeur de Musique Nouvelle en Liberté
  • Pascal Gallois, bassoniste et directeur du Conservatoire municipal W.A. Mozart de Paris
  • Arnaud Merlin, producteur à France Musique
  • Pierre-Édouard Pécourt, professeur agrégé de musique, chargé de mission musique (DAAC) à l’Académie d’Amiens

 

La sélection

 

 

Dossier réalisé par Didier Lamare

 

Création et transmission 

 

Inspirée par le succès du Goncourt des Lycéens (qui invitait les romanciers à la rencontre des jeunes lecteurs), la revue La Lettre du Musicien lançait, il y a vingt ans, le Grand Prix Lycéen des Compositeurs. Le pari pouvait paraître incertain, vu la place modeste de la musique par rapport à la littérature dans l’enseignement. L’engagement des professeurs de musique et de nombreux partenaires allait pourtant rendre possible cette aventure à laquelle Musique Nouvelle en Liberté s’est immédiatement associée en apportant au lauréat un prix doté, ainsi que la commande d’une œuvre pour l’année suivante. 

Remis pour la première fois en 2000 à Laurent Petitgirard pour son Concerto pour violoncelle, le Grand Prix Lycéen des Compositeurs n’a cessé d’accroître son rayonnement dans la vie musicale. On le mesure chaque année en observant l’enthousiasme des compositeurs qui participent et le mentionnent comme une récompense majeure. L’échange avec la jeune génération, la curiosité qu’elle porte aux œuvres, sa ferveur lors des choix et de la proclamation des prix ont séduit les forces vives de l’enseignement et de la musique associées à cette manifestation : notamment les ministères de l’Éducation nationale et de la Culture, la Sacem, le Fonds pour la Création Musicale, la Chambre syndicale des Éditeurs de Musique de France, ou encore la Fondation Daniel et Nina Carasso qui œuvre pour la démocratisation de l’accès à la création artistique.

Depuis 2013, Musique Nouvelle en Liberté a repris l’organisation du GPLC. Les rencontres dans les lycées se sont multipliées et la Journée Nationale est désormais suivie d’un concert public. En cette année anniversaire, de nouvelles étapes seront franchies avec l’organisation, pour la première fois, d’une grande rencontre régionale à Amiens, le 11 février 2020, avec les lycéens des Hauts-de-France. La proclamation du GPLC, le 2 avril 2020, sera elle aussi décentralisée pour la première fois à l’Auditorium de Lyon. À noter que nous comptons également, désormais, parmi les professeurs qui assurent la réussite du prix, certains anciens élèves ayant participé comme lycéens les premières années, avant de s’engager à leur tour dans la transmission de la musique d’aujourd’hui ! N’est-ce pas la plus belle marque de cette aventure qui continue ?

 

Benoît Duteurtre

Directeur de Musique Nouvelle en Liberté 

Vérifications

Disque : Music with no Edges

Label : KAIROS (0015025KAI)

Œuvre sélectionnée : Vérifications, pour piccolo, musette, clarinette piccolo en la bémol, synthétiseur Casio SK-1, percussion et violoncelle (I., II., III.)

Plages : 01, 02 et 03 / Durée : 8'28

Interprètes : Ensemble HANATSU miroir

Partition : Éditions Impronta

Création : Le 10 mars 2012 à Berne, par l’Ensemble Proton Bern

 

Vérifications, pour piccolo, musette, clarinette piccolo en la bémol, synthétiseur Casio SK-1, percussion et violoncelle (I., II., III.) [2012]

 

Avec Samuel Andreyev, la curiosité n’est pas un vilain défaut. Un petit détour d’oreille s’impose donc vers les autres pièces rassemblées sur ce disque – paradoxalement intitulé Music with no Edges, parce qu’il y en a, dans cette musique, des angles et des bords, des tranchants où l’on se couperait, des friables qui partent en limailles… Toutes ses œuvres sont affaire de couleurs insolites, de timbres frémissants contraints dans des espaces modestes. Vérifications n’en est finalement qu’une version décapante au pH un peu plus acide que les autres. Le livret situe la musique dans « l’inframince », c’est-à-dire l’imperceptible, le peu de choses, la poussière scrutée à la loupe.

Le compositeur lui-même évoque « un microdrame onirique, un code morse de monstruosité miniature ». C’est donc ici que cela se passe, dans des interstices déformés par la lentille grossissante d’une lunette cerclée de fer blanc. Boîtes de conserve, instruments de kermesse, synthé à deux balles, c’est une musica povera, comme il existe un arte povera. Sans offense : les couleurs les plus inouïes peuvent naître, la preuve, de matériaux de rien qui brinquebalent. D’autant que, pour que cela prenne sans vous exploser à la figure, il faut un art consommé de l’alliage. Si ces quatre petits bouts fondus ensemble avec leurs aspérités « vérifient » quelque chose, c’est qu’une musique vivante, comme un vin naturel, n’est pas nécessairement agréable. Surtout lorsque le vigneron et le compositeur décident de renoncer à séduire pour réveiller, par l’amertume des timbres, nos papilles et nos écoutes émoussées ailleurs par trop de sucre.

 

Didier Lamare

Samuel Andreyev (1981) 


Né à Kincardine, au Canada, Samuel Andreyev a étudié la composition avec Frédéric Durieux au CNSMD de Paris, ainsi que la musique électroacoustique à l'IRCAM. Il a terminé ses études de hautbois auprès de Didier Pateau, soliste à l’Ensemble Intercontemporain.

Samuel Andreyev est l’auteur de plus de 25 partitions, dont un Concerto pour violon pour Max Haft et l'Ensemble Contrechamps (2018), et une Cantate pour soprano solo et ensemble sur des textes de Tom Raworth (2012-17). Parmi ses projets figurent une œuvre commandée par la Fondation Siemens pour le 10ème anniversaire de l’Ensemble Proton Bern, une pièce pour le Nouvel Ensemble Moderne de Montréal et un livre de conversations (Éditions MF, Paris, 2020). La musique de Samuel Andreyev a fait l’objet de concerts portraits en France, en Suisse, au Canada et en Ukraine. Il a été lauréat en 2012 du Prix Henri Dutilleux pour Night Division et est membre du conseil musical de la Fondation Prince Pierre de Monaco.

Professeur d’harmonie et d’analyse, Samuel Andreyev maintient un rythme intense de composition, d’enseignement et de concerts à travers l’Europe, les États-Unis et le Canada. Sa chaîne YouTube, consacrée à l’analyse d’œuvres contemporaines ainsi qu’à des interviews avec des compositeurs, est aujourd’hui suivie par 25 000 abonnés dans plus de 160 pays. Ses œuvres sont publiées exclusivement par les Éditions Impronta (Mannheim).

 

Site du compositeur : http://www.samuelandreyev.com/francais

Une solitude de l’espace

Disque : Street-Art

Label : Signature–Radio France (SIG 11111)

Œuvre sélectionnée : Une solitude de l’espace, pour flûte, percussions, piano, violon, alto, violoncelle, contrebasse et bande

Plage : 11 / Durée : 6’05

Interprètes : Ensemble TM+, sous la direction de Laurent Cuniot

Partition : Éditions Radio-France

Création : En novembre 2017 à Radio France, par l’Ensemble TM+

Avec le soutien de : MFA, SCPP

 

Une solitude de l’espace, pour flûte, percussions, piano, violon, alto, violoncelle, contrebasse et bande [2009-2017]

 

On passe, un peu trop vite, sur le titre tiré d’Emily Dickinson, et cela commence par un glissando des cordes, geste naguère d’avant-garde – sans doute pour brouiller les pistes, parce qu’au jeu des illusions, le compositeur s’y connaît… Et puis hop, aussitôt s’installe la ritournelle, le petit tournez-manège qui ne paie pas de mine alors qu’il est incroyablement subtil : écoutez les brillances, les plans, les rythmes, la mélodie envoûtante. Le glissando du début, c’était probablement une glissade sur le pavé mouillé parce que nous voilà qui déambulons seuls dans l’espace, d’une ville peut-être, la nuit peut-être. On s’y sentirait bien s’il n’y avait ces drôles de sifflements, de miaulements, de grondements, et les murmures d’enfants derrière les volets fermés. La boîte à musique n’est-elle pas vaguement inquiétante ? Comme une maison de poupée dans un roman de Stephen King…

Alors on revient aux vers d’Emily Dickinson : « There is a solitude of space, a solitude of sea, a solitude of death », on se souvient d’avoir un jour entendu Régis Campo parler d’outremonde, on découvre qu’il se passionne pour l’astrophysique. Tout le monde, tout le temps, invoque le jeu à propos de sa musique, mais en connaît-on vraiment les règles ? Ne faut-il pas l’écouter aussi comme on lèverait la tête vers un ciel noir piqueté d’étoiles ? Vers cette mécanique de l’infini, cette « solitude de l’espace » imaginée par les poètes, les physiciens, et les enfants qui y affrontent sans risque une délicieuse angoisse. D’ailleurs, la ritournelle, on ne serait pas autrement étonné de l’avoir déjà entendue, au cinéma. Au tout début d’Alien peut-être…

 

Didier Lamare

Régis Campo (1968) 


Régis Campo étudie la composition auprès de Georges Bœuf au Conservatoire de Marseille, puis au CNSMD de Paris dans les classes d’Alain Bancquart et de Gérard Grisey. Dès 1992, il suit l’enseignement d’Edison Denisov qui le considère alors comme « l’un des plus doués de sa génération ».

Pensionnaire à la Villa Médicis de 1999 à 2001, son œuvre connaît rapidement une forte notoriété en Europe et dans le monde, notoriété attestée par de nombreux prix et récompenses. Il est d'ailleurs élu à l’Académie des Beaux-Arts le 17 mai 2017 dans la section Composition musicale.

Son catalogue – riche de plus trois cents œuvres – aborde diverses formations instrumentales ou vocales et est joué par des ensembles spécialisés et de nombreux orchestres en Europe et à travers une trentaine de pays dans le monde.

Son style, souvent qualifié de ludique et de coloré, met l’accent sur l’invention mélodique et l'humour. Lors de son discours d’installation sous la Coupole en avril 2019, il a rappelé rechercher la joie et « cet état d'émerveillement que nous guettons à chaque instant de la vie » à travers la création musicale.

Site du compositeur : http://quaiouestregiscampo.blogspot.com/

Visio

Disque : Visio

Label : Solstice (SIG 11111)

Œuvre sélectionnée : Visio, pour 6 voix mixtes, ensemble instrumental et électronique (IV. De circulo gyrante, V. Finito, VI. Épilogue)

Plage : 01 (de 12'27 à la fin) / Durée : 9’

Interprètes : Ensemble Solistes XXI et Ensemble Multilatérale, sous la direction de Léo Warynski – Réalisation Informatique Musicale Ircam : Grégory Beller

Partition : BabelScores, Ircam

Création : Le 6 février 2016, à Radio France, par l'Ensemble Solistes XXI et l’Ensemble Multilatérale, dans le cadre du Festival Présences

Commande d’État

Avec le soutien de : MFA, Ircam

 

Visio, pour 6 voix mixtes, ensemble instrumental et électronique (IV. De circulo gyrante, V. Finito, VI. Epilogue) [2014-2015]

 

Pour Édith Canat de Chizy, la première étincelle vient souvent de sa rencontre avec une peinture, une poésie. Les visions de Hildegarde von Bingen ont pris chez elle des allures d’incendie. « J’ai vu comme un feu resplendissant, incompréhensible, inextinguible », l’énergie divine y anime le firmament « d’un mouvement circulaire, du levant au couchant, au-dessus de la terre ». Annoncerait-elle les anges flamboyants de William Blake, le tourment des ciels de Van Gogh ? Encore que l’esthétique musicale, accordée ici à la mystique d’une sainte qui fut également compositrice, relèverait plutôt du domaine des entrelacs qu’on voit aux enluminures des textes sacrés. Aussi faut-il accepter de suivre, quitte à se perdre, les lignes et les strates sonores, des infrabasses nocturnes qui fondent les murailles jusqu’au soleil éclatant qui traverse le vitrail et se reflète dans l’orfèvrerie des percussions.

Aussi mystérieuse que la substance des voix puisse apparaître, il faut aller saisir, au vol des courbes étranges, dans la pluie des phonèmes bruités, la polyphonie fragmentaire des mots, comme on éprouve le temps du sable entre les doigts en renonçant à le retenir. Tout est mouvement circulaire dans cet espace-temps, comme sous la coupole d’un ciel aveuglant réverbéré à l’infini par le traitement électronique des sons. À tel point que la pièce semble échapper à la perception commune et à la dramaturgie du destin des hommes, pour orbiter autour d’un perpétuel recommencement.

 

Didier Lamare

Édith Canat de Chizy (1950)


Après avoir suivi des études d’Art et d’Archéologie et de Philosophie à la Sorbonne, Édith Canat de Chizy obtient successivement six premiers prix au CNSMD de Paris, dont celui de composition, et s’initie à l’électroacoustique au sein du Groupe de Recherches Musicales. Élève d’Ivo Malec, elle fait en 1983 la rencontre décisive de Maurice Ohana, à qui elle consacrera une monographie en 2005 aux Éditions Fayard.

Dans l’œuvre de cette violoniste de formation, qui comporte à ce jour plus d’une centaine d’opus, la musique concertante occupe une place de choix et les cordes y sont prédominantes. Elle a reçu de nombreuses commandes d'État, d'orchestres et d'ensembles spécialisés.

Elle a été plusieurs fois en résidence, notamment à l’Arsenal de Metz, auprès de l’Orchestre National de Lyon et au Festival de Besançon où sa pièce pour grand orchestre Times a été imposée à la finale du Concours International des Jeunes Chefs d’Orchestre 2009, et créée par le BBC Symphony Orchestra.

De nombreuses distinctions sont venues couronner son œuvre. Élue à l’Académie des Beaux-Arts en 2005, qu'elle préside en 2016, Édith Canat de Chizy est la première femme compositeur membre de l’Institut de France. Après avoir dirigé le Conservatoire du XVème arrondissement et celui du VIIème arrondissement de Paris, elle a enseigné la composition au CRR de Paris jusqu’en 2017.

Elle reçoit en 2016 le Grand Prix du Président de la République de l’Académie Charles Cros pour l’ensemble de son œuvre.

Site de la compositrice : http://edithcanatdechizy.fr/

Le Chant de la Création

Disque : Le Chant de la terre et autres œuvres

Label : Triton (TRIHORT567)

Œuvre sélectionnée : Le Chant de la Création, concerto pour orchestre (II. Danse du Ciel et de la Terre)

Plage : 02 / Durée : 5’11

Interprètes : Orchestre National Bordeaux Aquitaine, sous la direction de Paul Daniel

Partition : Éditions Durand

Création : Le 30 novembre 2017 à l’Auditorium de l’Opéra National de Bordeaux, par l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine

Commande de l’Opéra National de Bordeaux

Avec le soutien de : MFA, Fondation Francis et Mica Salabert

 

Le Chant de la Création, concerto pour orchestre (II. Danse du Ciel de la Terre) [2017]

 

Sous-titré concerto pour orchestre, pour dire à la fois la masse des pupitres et le grain des solistes, Le Chant de la Création matérialise un imaginaire qui hante François Meïmoun jusqu’au vertige. Celui du premier chant, qu’il soit le verbe d’une entité ou le son du big bang : « Au début était le chant, il génère une danse entre les éléments, et la lumière fut de cette danse-là ». L’énergie s’y déploie à travers une matière noire, percussive, elle en agite les particules et les fait entrer en résonance comme on entre dans les couleurs. Il y a de quoi en effet être saisi de vertige : les plus récentes théories scientifiques considèrent que c’est une onde sonore qui a créé la matière dans le plasma des origines…

Alors certes, physique des particules, allusion biblique, inspiration de démiurge, on touche au fondamental. Ce qui, dans notre société damnée par le divertissement, est une des vertus d’un compositeur qui préfère inventer « des ailes et ne point s’effrayer de l’infini des espaces », plutôt que commercer avec la tribu des ironiques et des narquois. Le Chant de la Création a le souffle puissant, il nous emporte sur des sommets où se sentir un peu plus vivants. Avec comme outil, la sauvagerie acoustique d’un grand orchestre, une centaine de musiciens armés de cordes, de vents et de peaux, qui font danser le big bang et chanter le magma primordial.

 

Didier Lamare

François Meïmoun (1979)


François Meïmoun pratique une conception ouverte du métier de compositeur. Docteur en musicologie (sa thèse était consacrée à Pierre Boulez), formé au CNSMD de Paris auprès de Michaël Levinas, à l'Université Paris IV-Sorbonne et à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, il est professeur d'analyse musicale au CNSMD de Paris.

Très tôt passionné par l'enseignement et la transmission, il conçoit le projet Operap lors de son stage à l'Éducation nationale, et compose un conte pour enfant sur une idée originale de Géraldine Aidan, Les rêveries d'un petit promeneur solitaire. Passionné par la transcription, il réalise une transcription des Variations Goldberg, enregistrées par le Quatuor Ardeo.

Ses œuvres sont jouées par de nombreuses formations spécialisées et programmées dans plusieurs festivals en France et à l'étranger. Il a été en résidence à l'Abbaye de La Prée entre 2011 et 2012 et au Festival de Chaillol pour lequel il a composé Tara, premier volet du portrait musical d'Antonin Artaud. Outre la suite de ce portrait pour l'Ensemble Intercontemporain, il travaille actuellement à un portrait de Paul Celan pour l'IRCAM et à son premier opéra consacré à Francis Bacon.

François Meïmoun est par ailleurs directeur de la collection Musiques XX-XXIe siècles aux Éditions Aedam Musicae et a écrit plusieurs œuvres pour la jeunesse sur des textes de Raymond Queneau.

Site du compositeur : http://www.musicae.fr/Francois-Meimoun.html

Le Raboteur de nuages

Disque : La Patience - Formes de la voix

Label : Klarthe (K061)

Œuvre sélectionnée : Le Raboteur de nuages, pour chœur mixte, harpe et ondes Martenot (I. Introduction, XII. Qui froisse les fleurs)

Plages : 08 et 09 / Durée : 4’30

Interprètes : Chœur en Scène, Nadia Ratsimandresy (ondes Martenot) et Florence Bourdon (harpe), sous la direction d’Emmanuèle Dubost

Partition : Inédite

Création : Le 3 décembre 2017 au Théâtre El Duende d'Ivry-sur-Seine

Commande de Chœur en Scène

Avec le soutien de : Fondation d’Entreprise Banque Populaire

 

Le Raboteur de nuages, pour chœur mixte, harpe et ondes Martenot (I. Introduction, XII. Qui froisse les fleurs) [2017]

 

Ces deux petites pièces ouvrent et referment un spectacle musical imaginé par Gilles de Obaldia et Gabriel Sivak comme un voyage vers le fugace que « la poésie permet parfois de toucher du doigt ». En quelque sorte la tête et la queue d’une comète, le véhicule idéal pour s’en aller raboter les nuages… Avec, comme outils, les ondes Martenot, espèce un peu oubliée de scie musicale électronique et presque immatérielle, et le grain d’une harpe pour l’affûter. En compagnie d’anges choristes qui nous renvoient au théâtre de l’enfance, du drap tendu entre deux chaises, quand l’arbre de carton cachait la forêt et l’épée de bois armait l’imaginaire.

Il faut avoir beaucoup sauvé de cet esprit d’enfance pour composer ainsi. Pour oser décoller les étiquettes, vider ses valises et partir comme ça un peu partout, sur la poésie de l’Argentine natale, de René Char ou d’Arthur Rimbaud. Comme il faut avoir beaucoup conservé de l’esprit d’enfance pour suivre le compositeur sur ce chemin sinueux qui manque à chaque pas de se dérober. Les Québécois ont inventé l’expression « pelleteux de nuages » pour sourire des idéalistes : le raboteur de nuages doit appartenir au même gang de rêveurs étranges. Ceux qui sont, de la tête aux pieds, ailleurs.

 

Didier Lamare

Gabriel Sivak (1979)


Gabriel Sivak est un compositeur franco-argentin né en 1979 et résidant à Paris. Il a suivi des études de composition et de musicologie à la Sorbonne et au Pôle Supérieur Paris-Boulogne où il obtient en 2014 son diplôme national supérieur de musicien professionnel avec les félicitations du jury dans la classe d’Édith Canat de Chizy. Il a également été l'élève d'Éric Tanguy et de Philippe Leroux.

Il a reçu plusieurs prix et distinctions pour sa musique, en France comme à l'étranger. Il est lauréat de la Fondation d’Entreprise Banque Populaire.

Gabriel Sivak a reçu des commandes de plusieurs orchestres, ensembles, festivals et institutions et est joué dans de nombreux pays. Son œuvre associe l'héritage de la musique classique, les apports de l'avant-garde et les couleurs des musiques traditionnelles. En tant que pianiste, il est arrangeur pour de nombreux artistes solistes, classiques et traditionnels.

En 2006 il a fondé l'Ensemble Contramarca, qui interprète des créations originales et des airs traditionnels de tango argentin.

Site du compositeur : http://gabrielsivak.com/

L'Horloge et l'abîme

Disque : Beauté de ce monde

Label : Hortus (HORTUS161)

Œuvre sélectionnée : L’Horloge et l’abîme, pour soprano, flûte, hautbois et piano (II. Trilles voilés, III. Canto d’inferno, IV. Reverdie)

Plages : 03, 04 et 05 / Durée : 8’04

Interprètes : Marie-Laure Garnier (soprano), Anna Besson (flûte), Augustin Gorisse (hautbois) et Guillaume Sigier (piano)

Partition : Inédite

Création : Le 20 juillet 2016 à l’Église Sainte-Croix des Arméniens à Paris

Commande de l’Association Jeunes Talents, en hommage à Henri Dutilleux

Avec le soutien de : Fondation d’Entreprise Banque Populaire

 

L’Horloge et l’abîme, pour soprano, flûte, hautbois et piano (II. Trilles voilés, III. Canto d'inferno, IV. Reverdie) [2017]

 

Qu’est-ce que composer aujourd’hui ? Scruter la matière, marcher dans le paysage, essuyer la table rase, se rappeler les lendemains qui chantent ? Dans l’infinité des manières, dans l’arbre des possibles, Fabien Touchard choisit de ne se priver de rien. Ni des racines d’hier, ni du feuillage persistant. Ses branches frémissent dans le souffle de la flûte comme sous la touche d’un pinceau impressionniste, ses voix résonnent profondément sur le blanc du silence comme l’encre zen sur le grain du papier. Parfois les rythmes s’écartèlent, les lignes mélodiques et les modes de jeu osent s’aventurer au bord de la caillasse. Parce que le tronc essentiel, lui, demeure ; il n’a pas été touché, ou si peu, par la foudre tombée sur Vienne au début du siècle dernier.

Fabien Touchard chante « la beauté de ce monde pour ne pas se laisser engloutir par son revers de noirceur », ce qui convient à l’évidence à un tempérament de poète. Tantôt houle ronde, tantôt vagues brisées, sa musique fait rouler à distance quatre siècles de mots comme des galets sur un même rivage. Avec le brin de préciosité nécessaire pour maintenir intact ce qui devient de plus en plus fragile par les temps que l’on vit.

Plus encore que d’horloge et d’abîme, son œuvre est un baume qui sent l’ambre, le musc et le benjoin.

 

Didier Lamare

Fabien Touchard (1985)


Fabien Touchard a étudié au CNSMD de Paris où il a obtenu neuf prix (classes d’écriture, composition, orchestration, analyse, improvisation et accompagnement vocal), et à l’Université Paris-IV Sorbonne où il a obtenu un Master de musicologie.

Lauréat de la Fondation Franz Josef Reinl de Vienne/Münich en 2013, de la Fondation d’Entreprise Banque Populaire en 2014 et de la Fondation Charles Oulmont en 2018, ses pièces sont données en France et à l'étranger.

Arrangeur et improvisateur, il travaille sur de nombreux spectacles et ciné-concerts à Paris et en région. Il est nommé en 2014 chef de chant au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris et est également professeur d’écriture au CRR de Boulogne-Billancourt.

Son disque, Beauté de ce monde, première monographie de ses œuvres, a obtenu une Clef d’or de l’année 2018 de la revue ResMusica ainsi qu’un Coup de cœur (cinq étoiles) de la revue Classica.

Site du compositeur : http://www.fabientouchard.fr/