Édition 2012

Lauréat 2012

Éphémères

Enregistrement : Éphémères. Musical Humors.
1 CD Triton (TRI 331170)

Sélection : de "Ouragan" à "Oiseau des silences"
(plages n° 7 à n° 13 incluse)
Alice Ader, piano
Partition : Éditions Durand-Salabert-Eschig


Éphémères, pour piano (1999-2003)

Éphémères est une suite de vingt-quatre pièces brèves pour piano. A l’origine, le pianiste Thierry Ravassard avait commandé à plusieurs compositeurs, dont Philippe Hersant, une pièce pour piano inspiré d’un haïku, cette forme de la poésie japonaise traditionnelle qui évoque tout en monde en trois vers. Piqué au jeu, Philippe Hersant a, selon son gré, sélectionné d’autres haïku du poète Bashô qui lui ont inspiré, en toute liberté, le cycle suivant qui dure 42 minutes dans sa totalité. Le cycle est dédié à sa créatrice Alice Ader, avec laquelle le compositeur a souvent travaillé.
On pourra comparer ces Éphémères avec certaines pages de Debussy, de Messiaen, ou avec des musiques orientales, lire les textes et imaginer des correspondances entre le poème et la musique.

Création le 1er février 2004 à Paris, Maison de Radio France, dans le cadre du Festival Présences, par Alice Ader (piano).
Enregistrement en concert effectué le 21 mars 2010 à Lavérune, Château, à l'invitation de l'Association Prélude, par Alice Ader (piano).
Durée de la sélection : 12' environ.

Philippe Hersant (1948)





Parallèlement à des études de lettres modernes, Philippe Hersant suit au Conservatoire de Paris les classes d’harmonie de Georges Hugon, de contrepoint d’Alain Weber et de composition d’André Jolivet.
Il passe deux ans à la Casa de Velazquez à Madrid (1970-1972). A son retour à Paris il entre au département de musicologie de Paris IV comme enseignant et débute sa collaboration à France Musique (dont il est toujours un collaborateur régulier). En 1978, il entre à l’Académie de France à Rome et compose son "opus 1", Stances, pour orchestre, puis l’opéra de chambre Les Visites espacées (créé au Festival d’Avignon 1983) qui connaîtra un certain retentissement. Suivront essentiellement des œuvres orchestrales : Spirales, Méandres pour violon et orchestre, Aztlan et la Missa brevis pour 12 voix et orchestre.
Radio France lui commande un quatuor à cordes. Par la suite, entre 1985 et 1992, il écrit un second quatuor à cordes (Nachtgesang), un concerto pour violoncelle et orchestre de chambre, un sextuor et diverses pièces solistes (Hopi pour basson, Pavane pour alto, Melancholia pour contrebasse).
Son opéra Le Château des Carpathes (sur un livret tiré du roman de Jules Verne) est d’abord créé dans une version de concert au Festival de Montpellier en 1992, puis, en octobre 1993, à l’Opéra de Montpellier. Au cours des années suivantes, il continue d’écrire pour la voix, mais compose aussi un Deuxième concerto pour violoncelle et Cinq pièces pour orchestre. Depuis une dizaine d’années, il a notamment composé un Concerto pour violon, un deuxième opéra, Le Moine noir (d’après Tchekhov), créé à Leipzig (2006). En 2005 et 2010, il a été élu compositeur de l’année aux Victoires de la musique classique.

Propaganda

Enregistrement : Manifesto.
1 CD Æon/Outhere (AECD 1106)

SélectionPropaganda (plage n° 6)
Quatuor Habanera : Christian Wirth, saxophone soprano / Sylvain Malézieux, saxophone alto / Fabrizio Mancuso, saxophone ténor / Gilles Tressos, saxophone baryton
Christophe Lebreton, réalisation informatique musicale
Partition : Gérard Billaudot Éditeur
Avec le soutien de : MFA, FCM et Gérard Billaudot Éditeur.

Propaganda, pour quatuor de saxophones et électronique (2008)

Propaganda procède d’une réflexion sur le son saturé. Franck Bedrossian remarque en effet que la saturation est une préoccupation fondamentale de la génération actuelle (et il note également que chaque génération eut ses préoccupations particulières). La saturation consiste à la production de sons inharmoniques où l’oreille est frappée à la fois par un nombre extrêmement élevé d’informations. Elle consiste donc une sorte de limite de l’ « audibilité » mais les limites, en musique, sont faites pour être repoussées. L’emploi d’un quatuor de saxophones et d’un dispositif électronique  n’est évidemment pas un hasard. Le compositeur a choisi cet effectif pour l’homogénéité des timbres des quatre instruments, leur capacité de fusion. L’ électronique sert à prolonger le spectre harmonique des quatre saxophones. Comme souvent dans ce genre de dispositif, l’oreille peut s’attendre à des surprises. L’on croit entendre des sons des sons électroniques alors que l’on entend les instruments, et vice-versa.
Les auditeurs pourront réfléchir au concept de spectre sonore, aux possibilités de l’électronique, à la notion de limite d’audibilité.

Création le 4 mars 2008 à Lyon, Opéra de Lyon, dans le cadre de la Biennale Musiques en scène du GRAME, par le Quatuor Habanera.
Enregistrement effectué le 17 janvier 2010 à Gennevilliers, Centre musical Edgar-Varèse Conservatoire à rayonnement départemental, par le Quatuor Habanera.
Durée de la sélection : 6'48"

Franck Bedrossian (1971)





Franck Bedrossian suit le cursus du CNR de Paris (études d’écriture, d’orchestration et d’analyse), puis il étudie la composition auprès d’Allain Gaussin et entre au CNSMD de Paris (classes de Gérard Grisey et de Marco Stroppa) où il obtient un premier prix d’analyse et le diplôme de formation supérieure de composition à l’unanimité. En 2001-2002, il suit le cursus de composition et d’informatique musicale de l’Ircam et reçoit l’enseignement de Philippe Leroux, Brian Ferneyhough, Tristan Murail et Philippe Manoury. Parallèlement, il complète sa formation auprès de Helmut Lachenmann (Centre Acanthes 1999, Internationale Ensemble Modern Akademie 2004).
Il a été pensionnaire à la villa Médicis d’avril 2006 à avril 2008. C’est là qu’a été conçu Propaganda. Ses œuvres sont jouées en France et à l’étranger par la plupart des grands ensembles spécialisés.
Il enseigne la composition à l’université de Californie depuis septembre 2008.

Times

Enregistrement : L'Œuvre pour orchestre
1 CD Æon/Outhere (AECD 1105)

Sélection : Times (plage n° 1)
BBC Symphony Orchestra, direction Kazuki Yamada
Partition : Éditions Henry Lemoine
Avec le soutien de : MFA, Orchestre de Besançon Montbéliard Franche-Comté, Orchestre Philharmonique de Radio France, Orchestre Poitou-Charentes, Orchestre National de France, Festival international de musique de Besançon Franche-Comté et Éditions Henry Lemoine.

Times, pour orchestre (2009)

Le titre (« Temps ») fait référence à Besançon, capitale de l’horlogerie, ville du temps. L’œuvre fut en effet commandée pour la finale du 51e Concours de chefs d’orchestre de Besançon, en 2009. Le temps musical peut se manifester de diverses façons, régulières (ostinato), continues, discontinues, par des silences, des superpositions de strates temporelles, comme un fleuve dans lequel plusieurs courants coexisteraient ou au contraire « comme un fleuve tranquille ». Ce travail du temps est évidemment capital pour un chef d’orchestre et sa maîtrise est une compétence indispensable, d’où sa destination. Mais, même en oubliant les circonstances de la composition, la nécessité de penser le temps est une exigence « incontournable » pour tout compositeur (d’aujourd’hui ou de toujours).
On pourra s’intéresser aux divers « temps » présents dans l’œuvre, et au rapport entre les groupes instrumentaux et du temps – comment le temps est rendu sensible par l’instrumentation.

Création et enregistrement en concert effectué le 24 septembre 2009 à Besançon, Théâtre, par le BBC Symphony Orchestra sous la direction de Kazuki Yamada.
Effectif : 3 flûtes, 3 hautbois, 3 clarinettes, 3 bassons, 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, 1 tuba, 3 percussionnistes, 1 timbalier, 1 harpe, quintette à cordes.
Durée de la sélection : 12'28"

Édith Canat de Chizy suit à Paris, après des études d’art, d’archéologie et de philosophie à la Sorbonne, des études musicales au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où elle obtient les prix d’harmonie, de fugue, de contrepoint, d’analyse, d’orchestration et de composition. Elle a été l’élève d’Ivo Malec, de Maurice Ohana et a travaillé parallèlement l’électro-acoustique au Groupe de Recherches Musicales.

De nombreux prix et distinctions viennent récompenser son travail parmi lesquels le Grand Prix de la Musique Symphonique décerné par la Sacem 2004 et le Grand Prix du Président de la République décerné par l'Académie Charles Cros en 2015 à l'occasion de la sortie du disque Over the sea.

En 2005, elle est reçue à l’Académie des Beaux-Arts par François-Bernard Mâche au fauteuil de Daniel-Lesur, devenant ainsi la première femme compositeur à être admise à l’Institut de France. En 2007, elle est nommée professeur de composition au Conservatoire à Rayonnement Régional de Paris. Au cours de la saison 2009-2010, elle a été compositeur en résidence au Festival international de musique de Besançon Franche-Comté, puis, en 2010, à l’Orchestre National de Lyon. En 2012, elle compose sa première œuvre avec dispositif électronique à l’Ircam Over the sea avant Visio en 2016.

Violoniste de formation, Édith Canat de Chizy est restée attachée à son instrument, comme en témoigne sa production d’œuvres pour cordes, notamment ses trois quatuors et le concerto pour violon Exultet.

Elle a réalisé de nombreuses pièces d’orchestre (Yell, Omen, Pierre d’éclair, Drift, Les Rayons du jour, etc.) et des œuvres vocales ou scéniques (Canciones, Le Tombeau de Gilles de Rais, etc.). Elle a publié avec François Porcile une importante biographie de Maurice Ohana (Éditions Fayard).

Karl Koop Konzert

Enregistrement : Karl Koop Konzert. Shanghaï Concerto. Trois Strophes.
1 CD Æon/Outhere (AECD 1104)

Sélection : Karl Koop Konzert "Musette" [1er mouvement] (plage n° 8)
Pascal Contet, accordéon / Orchestre National de Lille, directionGrand Llewellyn.
Partition : Éditions Musicales Européennes (EME)
Avec le soutien de : MFA et Éditions Musicales Européennes


Karl Koop Konzert
, comédie pompière, sociale et réaliste pour accordéon et orchestre (2007)

L’accordéon, instrument populaire par excellence n’a pas souvent eu droit de cité dans la musique savante. L’instrument d’Yvette Horner et Valéry Giscard d’Estaing n’est enseigné au Conservatoire de Paris que depuis peu d’années. Karl Koop était le grand-père du compositeur, qui jouait de l’accordéon en autodidacte. Ce Concerto lui rend hommage en utilisant au maximum les particularités de l’instrument (répons entre les claviers, jeux de souffle…) dans ses deux versions, musette et accordéon de concert. L’œuvre comprend quatre mouvements enchaînés dont les titres font référence à l’univers populaire du piano à bretelles (« Musette », « Sans flon flon », « Galop Pompier », « La fin du bal », qui évoquent l’univers de Satie en marquent bien l’aspect pompier, social et réaliste de cet étrange concerto
On pourra s’interroger sur les rapports entre musique savante et populaire, sur l’imagination créatrice du compositeur qui « joue » avec le matériau dont il dispose, sur la sociologie des instruments.

Création et enregistrement effectué le 24 mai 2008 à Lille, Nouveau Siècle, par Pascal Contet (accordéon) et l’Orchestre National de Lille sous la direction de Grant Llewellyn.
Effectif : 1 accordéon soliste (accordéon 3 voix musette et accordéon de concert), 2 flûtes (jouant aussi la flûte piccolo, la flûte alto), 2 hautbois (jouant aussi le cor anglais), 2 clarinettes (jouant aussi la clarinette basse), 2 bassons (jouant aussi le contrebasson), 2 cors naturels [trompes de chasse en ré] (jouant aussi 2 cors), 2 trompettes [en ut et en sib] (jouant aussi la trompette piccolo), 1 trombone, 1 trombone basse, 1 tuba, 4 percussionnistes, 1 clavecin [amplifié], 8 violons I, 6 violons II, 6 altos, 4 violoncelles, 3 contrebasses.
Coproduction : Ensemble 2e2m, Orchestre National de Lille, Radio France et Æon.
Durée de la sélection : 15'30"

Bernard Cavanna (1951)



Bernard Cavanna est pianiste de formation. Il a travaillé avec Henri Dutilleux, Aurel Stroe, Georges Aperghis et Paul Méfano, mais se considère néanmoins essentiellement comme un autodidacte.
Ses activités de compositeur l’ont souvent conduit vers le théâtre et le cinéma, où il a travaillé avec des metteurs en scène comme Jean Gillibert, Antoine Vitez, Alain Fleischer, ou avec des chorégraphes comme Angelin Preljocaj, Caroline Marcadé.
Bourse de la création 1984, pensionnaire de la villa Médicis en 1985, lauréat de la Tribune des compositeurs de l’Unesco (1994), Prix Sacem 1998, Victoire de la musique 2000, Grand Prix Musique de la SACD 2007, il est directeur du Conservatoire Edgar Varèse de Gennevilliers depuis 1987.
Son catalogue comprend à ce jour une trentaine d’œuvres. Dans le monde de la musique contemporaine, sa situation est assez atypique. Il intègre certains aspects de la musique populaire et il ne sépare pas sa création d’une réflexion sociale (d’où la Messe un jour ordinaire, une de ses œuvres majeures qui juxtapose le propre de la messe aux paroles d’une jeune exclue, ou le Karl Koop Konzert). On a pu parler d’éclectisme, ce qui serait effectivement juste si le terme n’était pas si mal connoté.

L'Afrique d'après Tiepolo

Enregistrement : L'Afrique d'après Tiepolo. L'Asie d’après Tiepolo.
1CD DistrArt/Kairos (0013142  KAI)

Sélection : L'Afrique d'après Tiepolo (plage n° 1 : de 12'15" à la fin)
Ensemble Recherche : Jean-Pierre Collot, piano / Martin Fahlenbock, flûtes / Jaime González, hautbois, cor anglais / Shizuyo Oka, clarinettes / Christian Dierstein, percussions / Melise Mellinger, violon / Barbara Maurer, alto / Åsa Åkerberg, violoncelle
Partition : Éditions Henry Lemoine
Avec le soutien de :  MFA.

L'Afrique d'après Tiepolo, pour piano principal et ensemble instrumental (2005)

L’Afrique d’après Tiepolo est conçu pour piano et petit ensemble (flûte piccolo, cor anglais, clarinette, clarinette basse, vibraphone, violon, alto, violoncelle). Le peintre italien Tiepolo (1696-1770) représente peut-être l’ultime stade d’un art baroque d’inspiration catholique. Il a décoré la Résidence de Würzburg de fresques représentant les cinq continents. Deux de ces continents picturaux, l’Asie et l’Afrique, ont déjà servi de matériau à Hugues Dufourt. Dans L’Afrique d’après Tiepolo, le piano – que l’on ne peut pas considérer comme un soliste de concerto, mène le discours. Les résonances qu’il propose dès le début de l’œuvre vont se transmettre, se prolonger en lentes irisations grâce aux autres instruments. Le temps de l’œuvre est lent, grave et distendu, mais l’intérêt toujours relancé par les jeux de timbres variés de l’ensemble instrumental, qui peuvent évoquer les complexes éclairages jouant sur les fresques de Würzburg.
On pourra s’interroger sur le spectralisme, étudier la progression de l’œuvre, repérer les rapports entre le piano et l’ensemble instrumental.

Création le 22 avril 2005 à Witten (Allemagne), par l’Ensemble Recherche.
Enregistrement effectué les 16 et 17 décembre 2009 à Cologne (Allemagne), Studio  Stolberger Strasse, par l'Ensemble Recherche.
Coproduction : Westdeutscher Rundfunk Köln (WDR3) et Kairos Music Production.
Durée de la sélection : 13'27"

Hugues Dufourt (1943)




Hugues Dufourt étudie le piano à Genève auprès de Louis Hiltbrand, puis la composition auprès de Jacques Guyonnet, avec lequel il collabore au Studio de musique contemporaine de Genève, et qui crée ses premières œuvres.
Agrégé de philosophie, Hugues Dufourt devient, en 1968, responsable de la programmation musicale au théâtre de la Cité à Villeurbanne, sous la direction de Roger Planchon. Il enseigne la philosophie à l’université de Lyon, mais participe aussi aux activités de l’ensemble L’Itinéraire et fonde en 1977 le Collectif de recherche instrumentale et de synthèse sonore, avec Alain Bancquart et Tristan Murail.
Il est dès lors considéré comme un compositeur de premier plan, dont les œuvres sont créées par les acteurs importants de la musique contemporaine. Les Percussions de Strasbourg créent Erewhon (1977), Peter Eötvös dirige Saturne et Pierre Boulez L’Heure des traces (Scala de Milan, 1986).
Chargé de recherche (1973-1985), puis directeur de recherche au CNRS (depuis 1985), il poursuit sa carrière de compositeur. Son opéra Dédale est créé en 1995 à l’Opéra de Lyon. Pour l’orchestre, il compose le cycle Les Hivers, La Maison du sourd, pour flûte et orchestre, d’après Goya (1999), et Lucifer selon Pollock, pour orchestre (2001).

Inharmonies

Enregistrement : Inharmonies.
1 CD Naïve (V 5217)


Sélection : Inharmonies (plage n° 2)
Accentus, direction Laurence Equilbey
Partition : Éditions Durand-Salabert-Eschig
Avec le soutien de : MFA, FCM et Mécénat Musical Société Générale.


Inharmonies, pour chœur mixte à 24 voix (2008)

Inharmonies, pour chœur mixte à 24 voix, a été inspiré par une requête de Laurence Equilbey, chef du chœur Accentus. Elle souhaitait des conseils pour la fabrication d’un diapason électronique capable de donner des « la » de fréquences variées. Cela donna au compositeur l’idée d’écrire une pièce pour chœur suivant un procédé d’inharmonicité, la modulation en anneaux. Il s’agit d’ajouter et de soustraire une fréquence à un ensemble. Ce procédé que l’on peut réaliser par des moyens électroniques mais aussi vocaux ou instrumentaux, altère la couleur sonore. Le texte est une transformation de la célèbre  formule de Léonard de Vinci « L’arte e cosa mentale ». Ici, « arte » est remplacé par « musica ».
L’audition d’Inharmonies sera l’occasion de réfléchir à la structure du son, et au rapport entre l’acoustique et la musique.

Création le 3 novembre 2008 à Paris, dans le cadre du Festival d'Automne, par Accentus sous la direction de Laurence Equilbey.
Enregistrement en concert effectué le 16 juin 2009, à Rouen, Opéra de Rouen Haute-Normandie, par Accentus sous la direction de Laurence Equilbey.
Coproduction : Opéra de Rouen Haute-Normandie et Accentus/Naïve
Durée de la sélection : 7'54"

Philippe Manoury (1952)




Philippe Manoury commence l’étude de la musique à l’âge de 9 ans. Très vite, il compose en autodidacte. Il suit des études de piano avec Pierre Sancan, d’harmonie et de contrepoint à l’École normale de musique de Paris. Au début des années 70, il s’engage définitivement dans la voie de la composition sur les conseils de Gérard Condé qui l’introduit auprès de Max Deutsch à l’École normale de musique de Paris. Il étudie ensuite la composition également auprès de Michel Philippot et Ivo Malec au Conservatoire de Paris, où il suit aussi la classe d’analyse de Claude Ballif. En 1975, il entreprend des études de composition musicale assistée par ordinateur avec Pierre Barbaud. Plus tard, il sera responsable de la pédagogie à l’Ensemble intercontemporain, enseignera au Conservatoire de Lyon, sera en résidence auprès de l’Orchestre de Paris. Il réside aux États-Unis où il enseigne à l’Université de San Diego (Californie). Les œuvres de Karlheinz Stockhausen, Pierre Boulez et Iannis Xenakis forment ses premières références. Pour lui, l’acte de composition consiste à mettre en œuvre des capacités de transformation, tant du matériau musical que de la perception.
Depuis une trentaine d’années, il approfondit ce sillon. Certaines de ses œuvres sont devenues des classiques contemporains et constituent des références (Jupiter, Pluton, Saturne, La Partition du Ciel et de l’Enfer, Sonus ex machina,Zeitlauf, Sound and Fury). Philippe Manoury est également l’auteur de trois opéras : 60e Parallèle (1998), K (2001), La Frontière (2003), La Nuit de Gutenberg (2011).

Time Strecht

Enregistrement : Concerto pour deux altos. Time Stretch. Finale.
1 CD Æon/Outhere (AECD 1102)

Sélection : Time Stretch (plage n° 2)
Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction Pascal Rophé
Partition : Éditions Henry Lemoine
Avec le soutien de : MFA, Orchestre Philharmonique Royal de Liège et Éditions Henry Lemoine.

Time Stretch (on Gesualdo), pour orchestre (2005)

Time Stretch fut composé en même temps que le Concerto pour deux altos. A l’origine de cette œuvre, un madrigal de Carlo Gesualdo (1560-1613) : S’io non miro, non moro. De cette œuvre expressive et évocatrice mais rattachée à un style passé, le compositeur moderne va extraire une grille harmonique qui sera celle de sa nouvelle création. L’œuvre récente dépend donc de l’œuvre ancienne, lui est complètement liée, mais l’auditeur ne se rend pas vraiment compte de cette intégration, d’autant moins qu’aucune référence explicite n’est faite au langage de la Renaissance. Il ne s’agit pas d’un pastiche.
Il sera intéressant d’écouter le madrigal-source et d’envisager les différents rapports possibles entre un compositeur et le passé.

Commande de l'Orchestre Symphonique de Bamberg pour le Concours de direction Gustav Mahler, dédiée à Jonathan Nott.
Création le 20 octobre 2006 à Bamberg (Allemagne), par le Bamberger Symphoniker sous la direction de Jonathan Nott.
Enregistrement effectué du 6 au 10 juillet 2009 à Liège, Salle Philharmonique, par l'Orchestre Philharmonique Royal de Liège sous la direction de Pascal Rophé.
Effectif : 3 flûtes (aussi flûte piccolo), 3 hautbois (aussi cor anglais), 3 clarinettes (aussi clarinette basse), 3 bassons, 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, tuba, 3 percussionnistes, timbales, cordes.
Durée de la sélection : 15'54"

Bruno Mantovani (1974)




Après avoir remporté cinq premiers prix au Conservatoire de Paris et participé au cursus d’informatique musicale de l’Ircam, Bruno Mantovani débute une carrière internationale. Fidèle à ses interprètes de prédilection, il collabore avec de prestigieux solistes et de grands orchestres et reçoit plusieurs distinctions dans des concours internationaux et de nombreuses récompenses pour ses enregistrements. Depuis 1999, il a souvent été en résidence, notamment à la villa Médicis à Rome et auprès de grands orchestres. Le festival Musica lui a consacré un portrait en 2006.
Il débute à partir de 2010 une collaboration régulière avec l’Opéra de Paris (le ballet Siddharta pour la première saison, l’opéra Anna Akhmatova en mars 2011 et un Concerto pour violon pour Renaud Capuçon et Philippe Jordan en mars 2012). Passionné par les relations entre la musique et les autres formes d’expression artistique, il collabore avec des romanciers, des librettistes, des cuisiniers, des chorégraphes, un cinéaste. Son travail questionne régulièrement l’histoire de la musique occidentale ou les répertoires populaires (jazz, musiques orientales). Il est aussi chef d’orchestre, et dirige régulièrement des ensembles de musique contemporaine ainsi que les orchestres de Lille et du Capitole de Toulouse. Il débute cette saison avec l’Orchestre national de Lyon et l’Orchestre de Paris.
Parmi ses projets, des cantates pour l’Orchestre national de France et l’Orchestre de la SWR, un quintette pour le quatuor Ebène et Antoine Tamestit ainsi que plusieurs ouvrages orchestraux (notamment des concertos).
Bruno Mantovani est directeur du Conservatoire de Paris depuis septembre 2010.